Le voyage

J1 Bengalore

J2 Bengaladuru 15 million d’habitants à Tirunavamalaï

J3 Tiruvannamalai

J4 Auroville – Pondichery

J5 Chidambaram Kumbakonam

J6 Tanjore Madurai

J7 Madurai Capitale spirituelle du Tamil Nadu

J8 Kanya Kumaei

J9 & J10 Poovar-Spectacles-traditionnels

J10 Poovar

J11 Amritapuri ( Ashram d’Amma)

J11 Amritapuri ( Ashram d’Amma)

Je me réveille aux aurores , comme souvent dans ce type de voyage tant l’envie de ne rater aucune précieuse minute me taraude.

Le matin la luminosité est excellente pour prendre quelques photos , images à mes yeux tout aussi inhabituelles qu’exotiques.

J’ai également rendez-vous pour une séance de yoga à 6h30.

C’est le jour où nous devons rejoindre l’Ashram d’Amma.

Amma, je la connais uniquement au travers du film Un + Une de Claude Lelouch et que les quelques articles que j’ai eu la curiosité de lire que elle avant mon départ.

En clair, je ne sais rien du tout.

Ce qui n’est pas le cas de la plupart des personnes du groupes dont certains ont déjà reçu le Darshan et en gardent une émotion que je n’arrive pas à définir.

Et aujourd’hui une semaine après et de retour chez moi, je ne trouve pas à retirer d’informations de tous nos échanges.

Nous sommes arrivés dans l’Ashram en fin d’après midi après plusieurs heures de route. Le site est immense et les murs s’enceintes sont coiffés de rouleaux de barbelés, à chaque entrée des gardes armés.

Nous sommes reçus à l’accueil où nous remplissons les formulaires d’entrée. On nous remet les clefs de nos chambres ainsi qu’une brochure sur l’organisation du site.

Aïe! Aucune photo autorisée même dès balcon.

Nos regards croisent de grandes et petites affiches d’Amma un peu dans chaque travée.

Ma chambre est située au 8 eme étage. De longs couloirs sombres les desservent, de gros cadenas sécurisent chaque porte.

C’est étrange, cela me fait penser à une prison , impression confirmée dès que j’ouvre: pièce carrée, pas de décoration, deux lits superposés en fer, matelas recouverts de matière plastique, un mur sépare la kitchenette dotée d’un évier douteux et d’un lavabo orné d’un petit miroir de 15×25. Dans la salle d’eau, il n’y a pas de pommeau de douche, je me débrouillerai avec le grand seau, avec une eau qui coule orangée.

Cette « rusticité » ne me dérange pas, d’autant que j’ai la chambre pour moi toute seule, ainsi je pose la natte ( qui remplace un matelas manquant que le sol , suivi d’un matelas : j’ai le sentiment que je serai plus à mon aise parterre.

Le soir nous allons assister à une séance de méditation dans le grand hall principal qui peut recevoir me dit-on 5000 à 6000 personnes. Nous évaluons que nous sommes environ 2500.

Ma capacité à méditer assise dos droit, les pieds en tailleur n’a pas beaucoup évoluée mais je m’installe au milieu des femmes déjà présentes et une vraie sérénité enveloppe ce lieu.

Dinesh

Au fur et à mesure du cours des jours, je découvre Dinesh que j’imaginais être notre guide local touristique alors qu’il nous accompagne jour après jour dans ce programme spirituel tel qu’il était présenté par l’agence Oasis …mais je dirais même bien au-delà de ce qui avait été présenté.

Depuis nos 11 Pujas et nos 45 mn de méditation, j’ai appris que Dinesh est Brahmane. Je pense à ce moment là qu’il a dû être prêtre à la façon dont il a participé aux chants sacrés.

Ce point m’interpelle et je décide de lui demander de me raconter son histoire et son parcours.

La voici :

 

Dinesh est né en 1977 dans la ville de Kankhal au nord de l’Inde sur les bords du Gange.

Il m’explique la hiérarchie des castes dont celle des Bhramin dont il fait partie.
Voici un article issu du Monde Diplomatique qui me semble le plus correspondre a ce que j’ai compris.Pyramide des castes

A l’âge de 7 ans, il croise dans un temple Shree Maa Anandmayee alors qu’il est dans un temple avec sa maman.
Cette lumineuse femme qui est un grand guide spirituel lui fait forte impression. Il ne lui a pas parlé, ne l’a pas approchée mais cette rencontre aura une forte incidence sur son parcours.

Ainsi à l’âge de 14 ans, il croise dans son village un homme qui, portant une lourde bouteille de gaz, lui demande si il ne voudrait pas l’aider à la transporter jusque chez lui.
Dinesh accepte et pénètre ainsi pour la première fois dans le domicile de celui qui deviendra son Maitre ( le deuxième, car le premier est sa Maman 🙂 )
Dans la pièce principale, il voit un grand portrait de cette si fabuleuse femme qu’il avait croisée 7 ans auparavant: Shree Maa Anandmayee

Cet homme s’appelle Swani Vijay Anandan. Swani Vijay
Il est d’origine française et plus précisément de Marseille. Il est médecin, et exerçait sur des bateaux de croisières jusqu’à ce qu’il décide de rechercher son Maitre Spirituel en Inde qu’il explique avoir trouvé en Shree Maa Anandmayee.

Une amitié respectueuse et profonde est en train de naitre entre ce jeune Homme et ce sage qui deviendra un de ses premiers maitres.

De 1985 à 1986, Dinesh délaisse les jeux de son âge pour visiter chaque soir Jacques et commence à lui rendre quelques petits services auprès des nombreux pèlerins qui viennent rencontrer le Maitre. Une belle confiance s’installe telle que Jacques commence à lui demander d’aller chercher et de s’occuper d’eux. Au fil des jours, Dinesh commence à apprendre le français et l’anglais.

L’un de ces pèlerins, français médecin psychiatre se présente comme la deuxième personne déterminante dans le parcours de Dinesh. Il s’agit de Jacques Vigne venu en Inde pour approfondir la méditation qu’il pratique déjà depuis longtemps aura un coup de cœur pour ce pays au point qu’il demandera l’aide de Dinesh pour lui trouver un appartement sur les bords du Gange.
L’appartement, trouvé par ses relations, est en piteux état, au confort très sommaire, cependant, les deux hommes s’attèlent à la tâche et entament les travaux nécessaires de rénovation pour le rendre habitable.

En remerciement pour toute cette aide, Jacques invite Dinesh pour un voyage dans l’Hymalaya vers le temple de Neelkanth  à flanc de montagne et site mythologique où le dieu hindou Shiva but du poison provenant de la mer . C’est au cours de ce voyage au confort rustique qu’il découvre le goût du café, préparé au cours d’une nuit froide par Jacques à l’aide de la flamme d’une bougie. Ce souvenir hors du temps et émerveillé reste à jamais dans sa mémoire.
Ce voyage de découverte ne leur permet cependant pas de faire un détour par la source du Gange: Dinesh en voyant le panneau d’accès sur leur chemin essaie de convaincre Jacques d’y aller: ce lieu est hautement révéré et se baigner dans ces eaux permettrait de purifier les êtres et leurs karma.
Mais ils n’en auront pas le temps et Dinesh se promet d’y revenir ce qu’il fera plusieurs années plus tard…Cette magique et merveilleuse destination fait aujourd’hui partie des destinations qu’il propose avec son agence Teerth Travel.

Peu après cette période, Jacques est contacté par Terre du Ciel, qui a pour projet d’organiser des voyages spirituels dans l’Hymalaya. Il accepte d’organiser ce voyage en demandant à Dinesh de devenir son assistant pour ce projet.
Dinesh a seize ans et ils partent tous les deux construire le circuit sur un parcours encore vierge de tourisme comme on le connait aujourd’hui.
Les rencontres sont belles avec les Sadhu et autres pèlerins aux pieds nus.
Les hôtels sont rares, les nuits se passent pour la plupart sous la tente, dans des appartements gouvernementaux et Ashram et ce pendant 6 ans.

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En 1995, Dinesh a 18 ans. Jacques lui présente professeur de yoga également apiculteur dans le Vercors: Yvon Achard.
Cette nouvelle rencontre est également importante pour lui.
Ils passent une superbe journée ensemble ou Dinesh fait office de guide pour un pèlerinage à RishiKesh ( « Sage-ville » ). Malheureusement, ils se quittent sans pouvoir garder le contact par manque de moyens liés à cette période: Dinesh n’a ni téléphone, ni ordinateur et encore moins de téléphone portable.
Il se passera encore quelques années avant qu’ils se rencontrent par le pur hasard qui n’existe pas sur le pont suspendu de Ram Jhula 
Yvon est très heureux d’avoir retrouvé Dinesh dont il n’avait aucune coordonnée: une nouvelle amitié voit le jour, ou Dinesh guide d’Yvon en Inde est invité à découvrir, tous les ans pendant quelques année l’apiculture dans le Vercors après avoir suivi une formation de 2 mois dans son pays.
Quelques années plus tard, Dinesh ne choisira pas la voie des abeilles mais bien celle des pèlerinages en créant avec son épouse Manisha leur agence de voyage Teerth Travel

 

 

 

 

 

 

J10 Poovar

La journée comme très tôt par une superbe séance de yoga entourés par la magie de la nature chantante baignée par cette légère brume si caractéristique de cette région. De petits écureuils 🐿 passent ça et là le bout de leur museau pour s’échapper aussitôt en quête de nourriture plus consistante.

J’apprécie particulièrement notre yogi attentif à chacun, modifiant en douceur et avec gentillesse et patience la position d’un pied d’une jambe de bras ou de tête.

Il se déplace doucement entre nous, sa voix rythme nos inspirations et expirations, il ne nous parle pas… j’ai juste le sentiment qu’il nous souffle en chantant les différentes postures et enchaînements.

Cette journée se poursuit par une visite en bateau des mangroves à la découverte de la faune et de la flore.

Dinesh nous demande d’aborder ce temps précieux et délicieux en silence…ce qui n’est pas si évident tant nous avons envie de partager nos  » amazing(actions) »

En fin de journée, tous bien détendus par cette journée de repos et après un « whaouah-massage » ayurvedique, nous nous retrouvons pour une méditation au coucher de soleil.

Ce nouveau temps offert, dans de si merveilleuses conditions me permet de faire un point sur mon objectif.

Je ne pense pas avoir tellement progressé en terme de temps réel de méditation, Srub , mon « brain-squirrel » se balade toujours autant à fond les ballons à la poursuite de sa noisette mais j’ai compris que mon mode de vie me permettait d’être beaucoup plus en méditation que ce que je pouvais penser.

J’ai cependant encore beaucoup de chemin à faire avant d’intégrer que méditer n’est ni du temps perdu ni ne « rien » faire.